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samedi, 15 septembre 2007

Elections législatives anticipées en Grèce

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 Juste un mot concernant la Grèce, pays de mes racines, en pleine élections législatives anticipées.

Depuis les incendies criminelles d'août provoqués par l'extrême gauche (comme à chaque période d'élection) auxquels s'ajoutent les promoteurs immobiliers et quelques pyromanes, le gouvernement de droite de Mr. Costas Caramanlis est vivement critiqué pour la gestion confuse de la catastrophe.

D'après les derniers sondages :

  • Nouvelle Démocratie (droite) : 37,4 %
  • PASOK (socialiste) : 36%
  • KKE (communiste) : 7%
  • Laos (extrême droite) : 3%
  • Indécis : 10%

Si je parle de la Grèce c'est pour illustrer un exemple concret de changement d'habitude politique ayant entraîné une évolution positive économique et sociale au sein d'un pays encore plus difficile à faire bouger que la France.

Le miracle grec s'est produit lors des jeux olympiques, après avoir découvert le crédit à la faveur de la libéralisation financière et de la monnaie unique en 2001, les Grecs consomment beaucoup et investissent énormément (25 % à 26 % du PIB), portant l'activité économique aux meilleurs niveaux de la zone euro.

La construction de nombreuses résidences secondaires, un Carrefour géant au centre d'Athènes ou la multiplication des clubs de gym témoignent de ces nouvelles habitudes.

Le déficit budgétaire, qui avait été masqué et atteignait 7,9 % du PIB à l'arrivée au pouvoir de la Nouvelle Démocratie en mars 2004 - ce qui a valu à Athènes une surveillance rapprochée de Bruxelles jusqu'en mai dernier -, a été ramené dans les clous de Maastricht par le gouvernement Caramanlis : 2,6 % en 2006, 2,3 % cette année, et l'équilibre en 2010, comme tout le monde.

« On observe une sorte de cercle vertueux soutenu par un choc de l'offre et par la croissance de la productivité, signe de modernisation »,explique Claude Giorno, à l'OCDE, en soulignant un résultat bien concret : le chômage a reculé de 12 % de la population active en 2000 à moins de 8 % aujourd'hui.

Pas étonnant que les agences de notation relèvent constamment la note de la Grèce et que les investissements étrangers affluent : 4,2 milliards d'euros en 2006. Les Français arrivent en tête et réalisent ici leur troisième excédent commercial mondial. Pour couronner le tout, Athènes a décidé de réévaluer son PIB de 25 % afin de tenir compte de son économie souterraine, une des plus importantes d'Europe. Ce qui, pour peu qu'Eurostat valide ses statistiques, permettra à la Grèce de rattraper l'Espagne et l'Italie en termes de PIB par habitant (il était de 18.000 euros en 2006) et fera tomber son ratio d'endettement public à environ 85 % du PIB.

Le précédent gouvernement socialiste de Costas Simitis a libéralisé le système bancaire et le crédit et lancé les privatisations dès la fin des années 1990. « On a alors donné de la fluidité à l'économie et l'initiative privée a explosé »,explique Panayotis Thomopoulos, vice-gouverneur de la banque centrale grecque. Ensuite parce que l'adoption de l'euro a permis de diviser par 3 à 4 les taux d'intérêt, une révolution pour les ménages et les PME, jusqu'alors quasiment pas endettés.

Le mérite de l'équipe Caramanlis aura finalement été de réussir à ce qu'investissement privé, consommation et exportations prennent le relais des dépenses publiques massives de la phase préolympique sans qu'en souffre la croissance. Sa recette ? Rigueur budgétaire, baisse des impôts, dont celui sur les sociétés tombé de 35 % à 25 %, chasse à l'énorme évasion fiscale, réformes structurelles en faveur des entreprises et soutien au partenariat public-privé en matière d'investissements collectifs. Le centre de gravité de l'économie grecque s'est ainsi déplacé durablement du public vers le privé. A Athènes, on connaît pourtant les limites de l'exercice. « Nous avons fait des progrès, mais nous ne sommes pas l'Irlande ».

Cependant, le chantier n'est pas encore terminé certaines inégalités subsistent entre les îles et le continent et la bureaucratie est toujours présente.

Par conséquent, si ce petit pays de 11 millions d'habitants a réussi contre toute attente à modifier sa façon de faire la politique, tout espoir n'est pas encore perdu pour la France.

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A lire :

Yahoo : Grèce: le parti au pouvoir favori des législatives

20 minutes : Législatives en Grèce: Caramanlis va tenter dimanche de sauver sa majorité

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