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samedi, 02 février 2008

Borloo, un ministre qui nage en plein bonheur

Libération, jeudi 24 janvier 2008

Heureux, Jean-Louis Borloo ? Au sommet de son superministère de l’Ecologie, loin des polémiques sur la politique économique du gouvernement, il se dit en tout cas comblé par sa mission. Présentant ses voeux mardi, il a confié son bonheur de pouvoir «accompagner cet  extraordinaire combat pour l’homme». Une «chance extraordinaire», a-t-il insisté. A en croire les sondages, les Français voient en lui le meilleur élève de la classe gouvernementale (65 % de satisfaits selon une enquête OpinionWay). Il croule sous les courriers de candidats qui sollicitent son soutien aux municipales. Au dernier pointage, hier, pas moins de 188 demandes lui avaient été adressées. Le ministre a promis de faire au minimum deux déplacements par semaine : Saint-Etienne, Rennes et Angers sont au programme. L’environnement est désormais «le sujet majeur des élections locales», a assuré Jean-Louis Borloo, conforté par une enquête Ipsos réalisée à l’occasion du congrès des maires de France. Elle plaçait le développement durable en tête des sujets municipaux, devant l’éducation et la sécurité.

Borloo n’a donc pas trop de raisons de regretter d’avoir été écarté de Bercy après les élections législatives, une décision interprétée alors comme une sanction, après son imprudente sortie sur la TVA sociale qui avait coûté électoralement cher à l’UMP.

Aujourd’hui, le ministre d’Etat se félicite de sa mutation forcée : ce n’est pas à lui qu’on demande  des comptes sur les ratés du «choc de confiance»...

En sa qualité de chef du petit Parti radical, Borloo s’est offert le luxe, hier, de présenter ses «meilleurs voeux à la République». Sans aller jusqu’à critiquer le traitement du fait religieux par Nicolas Sarkozy, il s’est posé en garant de la laïcité. De «l’ouverture» pratiquée par le chef de l’Etat, il a assuré qu’elle n’était, au fond, que «la mise en oeuvre du principe, historiquement radical, de la majorité de progrès». Et Borloo d’assurer qu’il sent monter, dans le pays, «un besoin de grande famille radicale», regroupant, cela va sans dire, des centristes de tous bords et les orphelins de la social-démocratie.

par ALAIN AUFFRAY

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